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Prêt immobilier à l'étranger : emprunter depuis le Québec

Rédaction · Mis à jour 2026-10-14 · 6 min de lecture

Un prêt immobilier à l’étranger peut être obtenu auprès d’une banque du pays d’achat ou, selon les cas, d’une institution canadienne qui accepte une garantie sur un bien situé au Canada. Les non-résidents obtiennent en général un financement partiel, avec une mise de fonds plus importante, des taux souvent variables et un dossier de documents plus lourd que pour un résident.

Deux grandes routes de financement

Il existe deux approches principales, et les combiner est fréquent.

  1. Le prêt local. Vous empruntez auprès d’une banque du pays où se trouve le bien, dans la devise locale, en général l’euro en zone euro. Le prêt est garanti par le bien lui-même.
  2. Le financement canadien. Vous utilisez un autre actif au Canada comme garantie, par exemple en empruntant sur la valeur nette de votre résidence ou en mobilisant des liquidités. Le prêt reste en dollars canadiens, ce qui crée un risque de change entre le revenu éventuel du bien et la dette.

Aucune des deux n’est meilleure en soi. Le prêt local aligne la dette et l’actif dans la même devise ; le financement canadien est parfois plus simple à obtenir, mais il engage un bien que vous possédez déjà. Parlez-en à votre institution financière : nous ne pouvons pas dire ce qu’elle acceptera.

Critère Prêt local Financement canadien
Devise de la dette Devise du pays Dollar canadien
Garantie Le bien acheté Un bien ou un actif au Canada
Dossier Documents traduits, compte local Dossier habituel, mais conditions propres à la banque
Risque de change Réduit si le loyer est dans la même devise Plus élevé

Ce qu’une banque locale regarde

Les banques évaluent les non-résidents au cas par cas. La page de financement du Portugal donne une idée concrète, avec des chiffres propres à ce pays et à confirmer :

  • jusqu’à environ 70 % du plus bas du prix d’achat ou de la valeur d’expertise pour une résidence secondaire d’un non-résident, contre 90 % pour la résidence principale d’un résident ;
  • des durées de 20 à 30 ans, souvent raccourcies pour que le prêt se termine avant 70 à 75 ans ;
  • des taux le plus souvent variables, fondés sur l’Euribor à 3, 6 ou 12 mois, plus une marge ;
  • une prise en compte seulement partielle des loyers attendus, et des revenus étrangers à documenter avec des pièces traduites et certifiées.

Ce sont des ordres de grandeur pour un pays, pas des règles universelles. Au Mexique, en Espagne ou en Thaïlande, les conditions peuvent être très différentes. RealEstate Abroad publie une page financement par pays qu’il vaut mieux consulter avant de poser des questions précises à une banque.

À retenir : un prêt à l’étranger se négocie sur trois points : la mise de fonds, la marge au-dessus de l’indice de référence et les produits liés (assurance, carte, compte salaire) qu’on vous demande de souscrire en échange d’un meilleur taux.

Un exemple chiffré

La page du Portugal présente un exemple de simulation : pour un prix de 250 000 €, avec 30 % de mise de fonds (75 000 €), un taux de 2,8 % et 25 ans, la mensualité affichée est de 812 €, pour un prêt de 175 000 €. Le total remboursé serait de 243 534 € et les intérêts de 68 534 €.

Ce calcul est un exemple de l’éditeur, pas une offre. Les taux changent, et vous devez ajouter à cet exemple les frais d’ouverture de dossier, l’évaluation, l’assurance et les timbres fiscaux. Pour faire votre propre simulation, le calculateur d’hypothèque de l’éditeur permet de tester le prix, la mise de fonds, le taux et la durée.

Les documents à préparer

Prévoyez ces pièces avant même de visiter :

  • pièces d’identité et preuve de résidence ;
  • derniers avis de cotisation de l’ARC et de Revenu Québec, relevés bancaires et lettres d’emploi, parfois traduits par un traducteur assermenté ;
  • preuve de l’origine de la mise de fonds ;
  • historique de crédit canadien, dont certaines banques étrangères ne tiennent pas compte, ce qui oblige à fournir d’autres preuves de solvabilité.

La difficulté la plus courante n’est pas le refus, mais le temps : ces dossiers prennent des semaines. Calez donc la date de signature du contrat préliminaire sur l’obtention d’une promesse de financement, et incluez, quand c’est possible, une clause suspensive de prêt.

Les pièges à éviter

  • Emprunter dans une devise différente de celle du loyer. Un loyer en dollars américains avec une dette en euros crée un risque de change que vous n’aviez pas prévu. Voir notre article sur le risque de change.
  • Compter sur la hausse des prix pour rembourser. Un prêt à taux variable peut devenir plus lourd si les taux montent, comme la page du Portugal le rappelle en évoquant les hausses récentes de la Banque centrale européenne.
  • Oublier les frais liés au prêt. Les timbres fiscaux sur le crédit, l’évaluation et les frais de dossier s’ajoutent aux frais d’achat.
  • Ignorer les conditions de remboursement anticipé, qui pèsent à la revente.

Questions à poser à chaque prêteur

Quelle que soit la route choisie, posez les mêmes questions à trois prêteurs et notez les réponses par écrit pour pouvoir les comparer.

  1. Quelle part de la valeur prêtez-vous à un non-résident, et sur quelle valeur : prix d’achat ou expertise, selon le plus bas des deux ?
  2. Le taux est-il fixe, variable ou mixte, et quelle est la marge au-dessus de l’indice ? Que se passe-t-il à la révision ?
  3. Quels produits liés sont obligatoires pour obtenir ce taux : assurance habitation, assurance vie, compte, carte ?
  4. Quels sont les frais de dossier, d’évaluation et de garantie, et quels timbres fiscaux s’appliquent au crédit ?
  5. Quelle est l’indemnité de remboursement anticipé, et dans quel cas est-elle réduite ou supprimée ?
  6. Quels documents doivent être traduits ou apostillés, et par qui ?

Un prêteur qui répond clairement à ces six points vous fait gagner des semaines. Un prêteur qui reste vague sur les produits liés ou sur les pénalités mérite de la méfiance.

Faut-il emprunter du tout ?

L’effet de levier amplifie les gains, mais aussi les pertes. Si le bien perd 10 % de sa valeur en devise locale et que le dollar canadien se renforce en même temps, la perte combinée pèse sur votre mise de départ, alors que les mensualités restent dues. Pour un premier achat à l’étranger, plusieurs particuliers choisissent un emprunt modeste, voire aucun, le temps de comprendre le marché local, les loyers réels et la fiscalité. Ce choix dépend de votre situation : un conseiller financier agréé peut vous aider à décider, et nous ne remplaçons pas son avis.

Combien emprunter, raisonnablement ?

Une règle prudente consiste à tester le scénario où le logement reste vide trois mois par année et où les taux montent de deux points. Si les mensualités restent supportables avec vos revenus canadiens, le projet est solide. Sinon, réduisez le montant emprunté. Pour savoir si l’investissement tient la route une fois toutes les charges comptées, lisez notre article sur l’investissement immobilier à l’étranger.

Avant toute démarche, lisez le guide du pays visé dans les guides d’achat par pays de RealEstate Abroad, puis confirmez les conditions avec une banque. Les chiffres cités ici datent d’octobre 2026 et peuvent évoluer.

Questions fréquentes

Une banque canadienne finance-t-elle un achat à l'étranger ?

Cela dépend de l’institution et du produit. Certaines acceptent une garantie sur un bien canadien pour financer l’achat, d’autres refusent. Demandez une réponse écrite à votre conseiller.

Quelle mise de fonds faut-il pour un non-résident ?

Elle est généralement plus élevée que pour un résident. Au Portugal, la page de RealEstate Abroad cite jusqu’à environ 70 % de la valeur pour un non-résident, soit une mise de fonds d’au moins 30 %.

Faut-il un compte bancaire dans le pays ?

Souvent oui. Les banques locales exigent habituellement un compte pour prélever les mensualités, parfois avec des produits liés comme une assurance.

Les taux sont-ils fixes ou variables ?

Cela varie. Dans certains pays, par exemple le Portugal selon RealEstate Abroad, la plupart des prêts sont à taux variable indexé sur l’Euribor.

Sources