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Vendre son bien immobilier à l'étranger : impôts et étapes

Rédaction · Mis à jour 2026-10-14 · 5 min de lecture

Vendre son bien immobilier à l’étranger suppose de payer d’éventuels impôts dans le pays du bien, de déclarer un gain ou une perte en capital au Canada, de tenir compte du change et de rapatrier les fonds. Il faut aussi prévoir les frais de vente et des délais souvent plus longs qu’au Québec. Préparez la sortie avant d’acheter.

Information générale : les règles dépendent du pays et de votre situation. Faites calculer l’impôt par un fiscaliste avant de mettre le bien en vente.

Commencer par la sortie

La plupart des acheteurs étudient l’entrée et négligent la sortie. Pourtant, c’est à la revente que se matérialise le résultat. Quatre questions doivent avoir une réponse avant l’achat : qui sont les acheteurs probables, combien de temps une vente prend-elle dans ce marché, quels frais et quels impôts s’appliquent, et comment l’argent revient-il au Canada ? Les guides d’achat par pays de RealEstate Abroad abordent surtout l’entrée ; pour la sortie, vous devrez interroger un agent local et un avocat.

Les coûts de vente

Poste Remarque
Commission d’agent Payée par le vendeur dans certains pays (au Portugal, environ 5 % plus taxe selon le guide de l’éditeur)
Impôt sur la plus-value local Peut dépendre de votre statut de non-résident et de la durée de détention
Mainlevée d’hypothèque et frais bancaires Prévoir les indemnités de remboursement anticipé
Certificats et diagnostics Exigés pour la vente dans certains pays
Frais d’avocat ou de notaire Variables, à demander par écrit
Frais de change et de transfert S’ajoutent au rapatriement des fonds

Ces postes viennent s’ajouter aux frais d’achat que vous avez déjà payés. Ensemble, ils déterminent le gain nécessaire pour simplement revenir à zéro.

L’impôt dans le pays du bien

Beaucoup de pays imposent la plus-value réalisée par un non-résident sur un immeuble situé chez eux, parfois avec des règles différentes de celles des résidents, des abattements selon la durée de détention, ou une retenue à la source par l’acheteur ou le notaire. Les règles varient énormément. Un avocat ou un fiscaliste local doit vous donner le calcul précis pour votre situation, avant que vous acceptiez une offre.

Le gain en capital au Canada

Un résident du Canada déclare le gain ou la perte en capital réalisé sur un bien étranger. Le gain est calculé en dollars canadiens : prix de vente converti au taux du jour de la vente, moins le coût converti au taux du jour de l’achat, moins les dépenses admissibles. À la date de rédaction, seule une partie du gain en capital entre dans le revenu imposable au taux d’inclusion en vigueur, que vous devez vérifier auprès de l’ARC ou de Revenu Québec, car il peut changer. Le principe de la résidence principale peut s’appliquer à un bien étranger dans certains cas, mais avec des conditions strictes : n’y comptez pas sans l’avis d’un fiscaliste.

À retenir : un gain immobilier en euros peut devenir une perte en dollars canadiens si le change a évolué. Faites toujours le calcul final en dollars canadiens.

Limiter la double imposition

L’impôt payé à l’étranger sur la même plus-value peut donner droit à un crédit pour impôt étranger au Canada, dans les limites prévues. Les conventions fiscales entre le Canada et le pays du bien précisent souvent quel État impose quoi. Conservez l’avis d’imposition étranger, l’acte de vente et les preuves de paiement : ils serviront à demander le crédit. Pour les obligations annuelles liées au bien, lisez l’article sur la déclaration d’un bien étranger.

Le change à la revente

Le produit de la vente est converti en dollars canadiens au taux de la transaction. Un taux défavorable le jour du transfert peut coûter plusieurs milliers de dollars sur un montant important. Comme à l’achat, comparez les offres de conversion et envisagez de convertir en plusieurs fois si le calendrier le permet. L’article sur le risque de change détaille ces options.

Rapatrier les fonds

Prévoyez de documenter l’origine des fonds : acte de vente, justificatif du paiement de l’impôt local, relevés bancaires. Certains pays exigent un certificat fiscal avant de laisser sortir le produit d’une vente, ou imposent des plafonds de transfert. Demandez à votre avocat quelles pièces la banque réclamera, et ouvrez le dossier avant la signature de l’acte. Gardez aussi à l’esprit que votre banque canadienne peut demander des justificatifs pour un dépôt important.

Les étapes dans l’ordre

  1. Faire estimer le bien par deux agents locaux indépendants, pas seulement par celui qui espère le mandat.
  2. Calculer le prix net après frais, impôt local, impôt canadien et change.
  3. Préparer les documents : titre, certificats, comptes de copropriété, preuves des travaux.
  4. Mandater l’avocat pour la promesse de vente et les clauses. Voir comment choisir un avocat.
  5. Signer et encaisser, en gardant les preuves de l’impôt payé.
  6. Déclarer au Canada l’année de la vente, avec le calcul converti en dollars canadiens.
  7. Mettre fin aux obligations : T1135 si applicable, contrats de gestion, assurances, abonnements, déclarations locales.

Préparer la revente dès l’achat

La meilleure revente est celle que l’on a préparée à l’achat. Conservez tous les documents : acte, factures de travaux, plans, certificats, procès-verbaux de copropriété. Un acheteur étranger ou local demandera ces pièces, et les retrouver à distance, des années plus tard, est lent. Gardez aussi la trace des travaux déductibles du coût du bien, qui réduiront le gain imposable.

Relisez le guide du pays au moment de vendre : les guides d’achat par pays de RealEstate Abroad décrivent les contrôles que tout acheteur fera (titre, licences, classification du terrain), et ce sont ceux que votre propre acheteur fera à son tour. Le guide du Portugal en offre une liste concrète : extrait du registre foncier, licence d’habitation, certificat énergétique, comptes de copropriété. Un bien dont ces documents sont à jour se vend plus vite et à de meilleures conditions.

Pensez enfin au marché : la liquidité varie énormément d’un pays et d’un type de bien à l’autre. Un appartement dans une ville active se vend plus facilement qu’une maison isolée. Si votre stratégie de sortie repose sur un acheteur étranger, vérifiez que le bien correspond à ce qu’il recherche. Le calculateur de rendement de l’éditeur permet de simuler la durée de détention et l’appréciation annuelle : testez plusieurs durées et plusieurs hypothèses de prix pour voir à partir de quand la revente devient rentable.

À quel moment vendre ?

Ne vendez pas uniquement sur une prévision de marché ou de change. Pesez les coûts de détention restants, l’impôt, l’usage que vous faites du bien et vos besoins de liquidités. Un bien détenu plus longtemps peut bénéficier d’abattements locaux, ou à l’inverse perdre de la rentabilité. Reprenez le raisonnement de l’investissement immobilier à l’étranger et testez la vente dans un scénario prudent. Cet article est informatif et ne constitue pas un avis fiscal.

Questions fréquentes

Faut-il déclarer la vente au Canada ?

Oui, un gain ou une perte en capital sur un bien étranger se déclare au Canada. Un fiscaliste peut calculer le gain en dollars canadiens, en tenant compte du change et de l’impôt payé à l’étranger.

Paie-t-on deux fois l'impôt sur la plus-value ?

Pas nécessairement : un crédit pour impôt étranger et les conventions fiscales visent à limiter la double imposition, avec des conditions. Faites calculer avant de vendre.

Peut-on rapatrier librement l'argent de la vente ?

Dans beaucoup de pays oui, mais il faut documenter l’origine des fonds et parfois obtenir un certificat fiscal. Vérifiez les règles de change du pays.

Combien de temps faut-il pour vendre ?

Cela dépend du marché local, du prix et de l’état du bien. Prévoyez des délais plus longs qu’une vente à domicile, surtout si vous êtes à distance.

Sources